Shin Yamamoto
(scénario & dessin)
d’après Fromsoftware

Sekiro : Hanbei l’Immortel

Manga, fantastique / horreur
Publié en VF le 12 mars 2019 chez Mana Books
Publié en VO len 2019 par Kadokawa Shoten chez Comic Walkere (« SEKIRO 外伝 死なず半兵衛 »)

Japon, ère Sengoku. En ces temps troublés, le maître épéiste Isshin Ashina se dresse contre le destin et se lance dans une course à la domination du pays. Bâtissant sa province par la force, il ne recule devant rien, et ceux qui s’opposent à lui risquent de perdre bien plus que la vie. Mais les dieux capricieux mettent alors sur sa route un curieux samouraï du nom de Hanbei, incapable de mourir…

Sekiro : Hanbei l’Immortel, est le manga préquel et stand-alone du jeu vidéo Sekiro: Shadows Die Twice, et je dois dire que je ne connaissais absolument pas de ce dernier. J’imagine que vous non plus, donc pour faire simple c’est un Tenchu bis donc un Assasssin’s Creed japonisant, sauf qu’il s’agit d’une réalisation d’Hidetaka Miyazaki un génie du jeu vidéo qui a révolutionné le concept du Die & Retry avec Demon’s Souls, Dark Souls, et Bloodborne !

Nous sommes au Japon à l’époque du Sengoku Jidai : tout le monde est en guerre contre tout le monde, et la seule valeur qui fasse loi est la force qu’on est capable d’imposer à autrui. Le seigneur de la guerre Isshin s’est ainsi taillé un fief au nord du pays, mais le Ministère de l’Intérieur soutenu par le pouvoir central veut faire de lui un exemple en écrasant la province d’Ashina…

Dans cette époque de chaos et de désolation nous suivons les déambulation du dénommé Hanbei, un plébéien dans la misère qui par un caprice du destin est devenu « infesté » donc « immortel » : désabusé il ne cherche plus qu’à passer le temps, mais pas si désabusé que cela son passe-temps favori consiste à brandir son sabre pour une raison valable (mais même la plus juste des cause n’empêche pas les regrets et les remords)… Recueilli par les frères et sœurs Shokichi et Suzu, il affronte des traqueurs du Clan Ashina déguisés en brigands, un ermite asocial devenu victime puis bourreau, et les apprentis sorciers du Clan Asahina prêts à tout et au reste pour découvrir les secrets de l’immortalité, avec des samouraïs ressemblants forts aux soldats du Japon impérial suprématiste et totalitaire et des médecins ressemblants forts aux scientifiques du Japon impérial suprématiste et totalitaire…

– Tu te fatigues pour rien… Ce n’est pas l’immortalité qui t’aideras à changer le monde…

Allons-y pour une petite ZONE SPOILERS :
ATTENTION SPOILERS Hanbei c’est un peu le Petit Poucet : ses parents l’ont abandonné pour le laisser crever, mais au lieu de mourir il a survécu pour acquérir un pouvoir extraordinaire et devenir un héros solitaire sans peur et sans reproche… Hanbei est un plébéien qui a connu, connaît et connaîtra toujours les tracas du quotidien : pour lui l’immortalité est une malédiction (d’autant plus qu’il survit à tout et n’arrive à sauver personne, et comme tous les héros de toutes les mythologies il finit par s’apercevoir que toute la force du monde ne sert parfois à rien pour sauver les siens), et il ne comprend aucunement les riches et les puissants qui la recherche si avidement…
Alors il y a en arrière-plan tout un background à la Resident Evil. C’est une franchise vidéoludique culte au Japon, et tous les autres s’en inspirent peu ou prou. Mais on ne sa se mentir cette saga est devenue un gros bordel innommable, donc pas sûr qu’il faille s’en inspirer niveau narration… Alors il y a dans une grotte secrète un truc qui permet de réaliser un élixir de jouvence, et on fait des expérimentations sur des cobayes humains non consentant comme le faisait la tristement célèbre Unité 731 pendant la WWII pour reproduire le cas de Hanbei qui est devenu immortel en mangeant une scolopendre géante elle-même immortelle. Les cobayes ratés sont les « yeux rouges », individus disposant de capacités physiques hors-normes mais de capacités intellectuelles particulièrement limitées… Car le Clan Asahina veut une armée d’immortels capables de résister au forces du Ministère de l’Intérieur. Et le Shirô Ishii féodal dit qu’il regrette d’avoir torturé et tué autant de gens mais mais qu’il doit continuer pour que leurs morts ne soient pas vaines. Le progrès ne vaut que s’il est partagé par tous, mais ici le progrès est réservé à la caste dirigeante donc c’est un juste une justification dégueulasse des crimes dégueulasses du Japon impérial suprématiste et totalitaire. Mais franchement les honnêtes gens en ont rien à foutre des games of thrones des puissants !!! FIN SPOILERS

Dans l’épilogue Hanbei repart comme il est venu : seul. Mais fait le lien avec la série mère, et il recontre un noble manchot affublé de la même malédiction que lui… Le destin est en marche car la légende est destinée à être écrite !
Sur le fond la parenté avec L’Habitant de l’infini est évidente, sur la forme Shin Yamamoto livre des graphismes plutôt réalistes à la fois sérieux et soignés (il faudrait vraiment que je découvre la bibliographie de ce mangaka, donc si Kaze et Pika ont des SP en rab je suis preneur). Et le livre-objet réalisé par Mana Books est vraiment bien fait : franchement ça fait du bien de lire du manga dans ce format-là et dans ces conditions-là !

note : 8+/10

Alfaric

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