Chantal Chaillet & Luc Révillon (scénario)
Dominique Rousseau (dessin)
d’après Gilles Chaillet

Vasco, tome 27 :

Les Citadelles des Sables

 

Bande dessinée, histoire / moyen-âge
Publiée le 29 avril 2016 chez Le Lombard

Vasco est envoyé au Maroc par son oncle afin de remettre une missive à son frère Lorenzo. Mais ce dernier s’est allié au rebelle Abou Saïd pour renverser le sultan en place. Il est à présent chef de la garnison militaire de Marrakech et doit faire face à une bande de pillards qui empêche tout commerce, ainsi qu’à une concubine qui joue un double jeu…

Je ne sais pas si ce 27e tome intitulé Les Citadelles des Sables et paru en 2016 est la suite, le remake ou le reboot du diptyque formé par les tomes 22 et 23 qui lui-même reprenait tous les éléments du tome 3…

Du coup ce qui intéressant ce sont les différences : d’habitude Vasco a une mission, les complots de Lorenzo interfère avec sa mission, et Sophie vamp l’un avant de trahir l’autre pour s’enfuir avec le magot, ici Vasco a une mission qui interfère avec les complots de Lorenzo et et s’allie pour trahir Sophie avant que celle-ci ne les trahissent. Il faut dit qu’il sont aider par le vieux Léandros qui en a un peu marre que sa protégée fasse n’importe quoi pour gagner suffisamment d’argent pour reprendre l’Empire Byzantin et le consolider : pour lui comme son père elle doit abandonner ces chimères…

Gilles Chaillet voulait réaliser un remake médiéval de L’Île Maudite de Jacques Martin avec des chasseurs de trésor s’entre-tuant pour un trésor qui n’existe plus. Pour diverses raisons il s’est ravisé et c’est un peu con car au final le cliffhanger du tome 23 ne débouche sur rien du tout… Enfin pas entièrement, car après aidé Mohammed V le Saga à destituer et emprisonner Abou Saïd en Espagne, Lorenzo libère Abou Saïd pour l’aider à destituer et à emprisonner le sultan Muhammad ibn Yacub au Maroc. Le voilà Grand Vizir avec Sophie dans ses bagages, mais un nouveau Seigneur des Sables particulièrement bien informé mène la vie dure à l’ancien Seigneurs des Sables qui doit obtenir rapidement des résultats sous peine de perdre sa tête… C’est alors qu’on apprend qu’un infidèle chrétien a su mener la vie dure au chef bandit et ce avec sa propre épée, Lorenzo qui perd beaucoup de crédit apprend qu’il s’agit de son frère !

– Contre une piécette, n’importe quel péquenot peut t’enjamber ! Et moi, Niccolo, je n’ai jamais rien reçu de toi, pas même un baiser !!
– Bâtard ! Décidément, tu confonds tout! Je n’ai pas honte de mon métier. Pour une modeste part, je soulage la misère du monde… Mes clients n’en demandent pas plus. Toi, tu étales ta puissance et rien ne doit te résister ! Eh bien, je n’ai pas envie de toi ! D’ailleurs, si tu voulais vraiment me prouver ton amour, ce ne sont pas des colifichets que tu m’offrirais, c’est trop facile, tu me donnerais de quoi acquérir une dignité…

Car la patriarche du Clan Baglioni qui sent sa dernière heure venir, et pour prendre sa place il a préféré Lorenzo le pragmatique malgré ses trahisons à Vasco l’idéaliste malgré sa loyauté. Ce dernier n’est pas dupe du message qu’il doit apporter à son frère et cela ennoblit le personnage : si seulement son seigneur en était digne, quel excellent vassal !

Et le côté réussi du tome vient autant de la collaboration entre les deux frères (d’habitude c’est Lorenzo qui vient en aide à Vasco après l’avoir mis dans la panade, et là c’est Vasco qui vient en aide à Lorenzo après l’avoir mis dans la panade), que de Luc Révillon qui s’amuse à multiplier les clins d’œil conscient ou inconscients aux films Lawrence d’Arabie ou/et Le Lion et le Vent (et à placer une rencontre et une conversation avec le célèbre voyageur Ibn Battûta).

Si les dessins de Dominique Rousseau continuent de s’améliorer (c’est en forgeant qu’on devient forgeron), difficile de porter un jugement définitif sur ce « tome de transition » :
– ou on reste dans le statut quo et c’est un peu un coup d’épée dans le sable
– ou bien on redistribue les cartes avec un noble Vasco désormais au service du fourbe Lorenzo
On verra bien quelle direction prend la série par la suite…

note : 6,5/10

Alfaric

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